Un environnement immersif peut offrir un contexte pour certaines tâches de rééducation, comme faire un choix ou travailler un mouvement évalué. Pour une personne vivant avec une sclérose en plaques (SEP), sa pertinence dépend de l’objectif, des symptômes actuels, de l’accès et des exigences liées au port et à l’utilisation du matériel.
La question n’est pas de savoir combien de temps la personne peut rester sous casque, mais si la RV l’aide à participer à une activité utile dans des conditions adaptées. Une séance réussie peut inclure une simplification, une pause ou le choix d’un autre support.
Partir d’un objectif qui a du sens
Identifier ce qui compte hors de la scène virtuelle : organiser une sortie, sélectionner les objets utiles ou réaliser un mouvement particulier dans une activité quotidienne. Préciser ce qui sera travaillé et quelles informations aideront la décision clinique suivante.
Ne pas supposer que toutes les personnes ayant une SEP présentent les mêmes besoins moteurs, visuels, cognitifs ou liés à la fatigue. Revoir la situation avant chaque séance. Des symptômes nouveaux, inattendus ou aggravés nécessitent une évaluation clinique appropriée, pas une interprétation à partir du score d’un jeu.
Considérer la fatigue sans présumer de sa cause
NICE recommande de rechercher la fatigue et son retentissement, d’envisager d’autres causes et de discuter d’une gestion individualisée. Le guide indique aussi que la chaleur peut déclencher une fatigue liée à la SEP. [1] Ces recommandations éclairent le projet clinique ; elles ne démontrent pas qu’une séance de RV traite la fatigue.
Discuter de l’horaire, de l’effort nécessaire pour venir et de ce que la personne doit faire ensuite. Le port du casque, l’apprentissage des commandes et une scène chargée peuvent ajouter des exigences à l’exercice prévu. Vérifier le confort pendant l’activité et après la sortie de RV, sans se fier uniquement à l’enthousiasme pendant le jeu.
Ne pas transformer une durée ou un nombre de répétitions en prescription universelle. L’activité, l’effort et les pauses demandent un raisonnement individuel dans le projet de rééducation.
Évaluer séparément l’accès et la tolérance au casque
Vérifier la perception de la scène, la compréhension des consignes et l’utilisation de la commande. La prise de la manette ou sa gâchette peuvent faire obstacle alors que la tâche est comprise. Confirmer toute autre commande dans le logiciel réel ; le suivi des mains ne résout pas automatiquement la difficulté.
Examiner les soutiens en position assise ou debout, l’ajustement du casque, le confort visuel et la communication. Dégager l’espace et convenir d’une manière utilisable de faire une pause ou d’arrêter. Le thérapeute doit observer la personne, pas seulement le retour vidéo.
Interrompre en cas de symptômes préoccupants, de vertiges, de nausées, de gêne visuelle, de perte de contrôle sécurisé ou de demande d’arrêt. Déterminer la suite selon la situation. L’inconfort ne doit pas devenir une épreuve à surmonter pour terminer le jeu.
Que montrent les données sur la RV immersive ?
Une petite étude randomisée de faisabilité auprès de 18 participants a examiné un programme de jeux actifs en RV immersive pour des personnes ayant une SEP et rapporté des résultats favorables de faisabilité et d’expérience utilisateur. [2] Ces données concernent ce programme et son contexte, sans constituer une preuve définitive de bénéfice durable ou d’adéquation pour tous.
En lisant d’autres études, vérifier l’utilisation d’un casque immersif, d’un affichage semi-immersif ou de jeux sur écran. Leurs exigences diffèrent. Les résultats ne se transfèrent pas automatiquement à une autre application ou à Remotion. Faisabilité, plaisir, efficacité clinique et évolution de la maladie sont des questions distinctes.
Exemple : organiser les objets pour une sortie
Cet exemple original s’adresse à un professionnel compétent et à un adulte évalué comme pouvant participer à une RV assise supervisée. Ce n’est ni une intervention validée pour la SEP ni un programme à domicile.
| Élément de préparation | Proposition illustrative |
|---|---|
| Objectif | Faire des sélections utiles en lien avec la préparation d’une sortie quotidienne. |
| Contexte | Séance individuelle supervisée avec bilan convenu de la fatigue et du confort. |
| Tâche | Choisir les objets virtuels pertinents par une réponse accessible. |
| Configuration | Adapter, si possible, les choix, la complexité de la scène, les cibles, les indices et le temps. |
| Observations | Choix, erreurs, aide, confort, pauses et effort décrit par la personne. |
| Version simplifiée | Moins de choix, moins d’activité visuelle, commande simplifiée ou alternative sans casque. |
| Progression | Modifier une exigence pertinente si cela est justifié, puis revérifier accès et tolérance. |
| Précautions | Observer les symptômes et le contrôle sécurisé ; permettre l’arrêt sans pression pour finir. |
| Traçabilité | Noter l’objectif, l’installation, les réglages, l’aide, l’effort perçu et la décision suivante. |
Ce sont des possibilités de préparation, pas des fonctions confirmées dans chaque configuration Remotion. Le travail avec les objets réels suit une transition adaptée hors de la RV ; ne pas demander d’atteindre des objets physiques non suivis lorsque la vue est masquée.
Mesurer ce que la séance permet réellement d’observer
Distinguer les événements enregistrés par le logiciel, les observations cliniques et l’expérience de la personne. Moins de cibles réussies un autre jour ne prouve pas, à lui seul, une progression de la maladie. Un meilleur score ne démontre ni une diminution de la fatigue ni une autonomie accrue.
Documenter les différences de consigne, d’aide, de commande, de scène et de position lors des comparaisons. Employer des évaluations cliniques et un suivi adaptés si la question concerne la fonction ou la fatigue. Vérifier que l’activité sert les priorités de la personne et laisse une place au reste de sa journée.
La RV peut être envisagée comme un support dans une rééducation coordonnée. Elle ne remplace pas la prise en charge médicale de la SEP et l’immersion ne suffit pas à établir un effet thérapeutique.
Échangez avec l’équipe Remotion sur vos objectifs et votre contexte via la page de contact du site. Confirmez l’usage prévu et l’accès de la configuration ; cet article n’établit pas de bénéfice de Remotion propre à la SEP.
Références
- NICE. Multiple sclerosis in adults: management. NG220. Recommendations, fatigue section. https://www.nice.org.uk/guidance/ng220/chapter/Recommendations
- Exergames and Immersive Virtual Reality as a Novel Therapy Approach in Multiple Sclerosis: Randomised Feasibility Study. 2024. PMID 39407905. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39407905/
