Personne utilisant un casque de réalité virtuelle et deux manettes pendant qu’un thérapeute suit l’activité sur une tablette.

Réadaptation virtuelle : la réalité virtuelle dans les dispositifs médicaux

Introduction

La réadaptation fait face à plusieurs défis : une demande de soins croissante, une disponibilité limitée des professionnels, des difficultés d’adhésion au traitement et des inégalités d’accès aux services selon les régions.
Dans ce contexte, la réadaptation virtuelle, utilisant notamment la réalité virtuelle (RV) et la réalité augmentée (RA), constitue une piste pour compléter les prises en charge.

Certains dispositifs médicaux intègrent déjà la réalité augmentée ou virtuelle. Leur statut réglementaire dépend de l’usage prévu et des exigences applicables à chaque produit.


Qu’est-ce que la rééducation virtuelle ?

La rééducation virtuelle désigne l’utilisation d’environnements numériques immersifs pour accompagner un patient dans un programme de rééducation fonctionnelle, motrice ou cognitive.

Selon les définitions retenues par la FDA :

  • La réalité virtuelle (RV) immerge la personne dans un environnement numérique simulé, généralement au moyen d’un casque.
  • La réalité augmentée (RA) superpose des éléments numériques au monde réel.
  • La réalité étendue (XR, pour Extended Reality) désigne un ensemble de technologies comprenant la RV et la RA.

Dans une prise en charge, ces technologies peuvent servir de supports thérapeutiques. Leur emploi en santé ne suffit toutefois pas, à lui seul, à leur conférer le statut de dispositif médical.


Comment fonctionne la rééducation en réalité virtuelle ?

Un programme de rééducation virtuelle repose sur plusieurs briques technologiques et cliniques :

  • des scénarios thérapeutiques immersifs conçus selon des objectifs cliniques précis ;
  • des interactions motrices et cognitives réalisées par le patient dans l’environnement virtuel ;
  • un retour d’information en temps réel, visuel, auditif ou parfois haptique, pour soutenir l’apprentissage moteur ;
  • la collecte de données sur l’amplitude, la précision, le temps de réaction ou les répétitions, à interpréter selon la fiabilité des mesures et le contexte clinique.

Ces composantes peuvent rendre certains exercices plus engageants. Le cadre thérapeutique et la traçabilité dépendent cependant de la conception du dispositif et de son utilisation.


Dans quels domaines médicaux utilise-t-on la rééducation virtuelle ?

La FDA décrit des usages de la RV et de la RA dans différents domaines médicaux. Les exemples ci-dessous illustrent des applications possibles ; ils ne constituent pas une validation de chaque outil ou indication.

Rééducation neurologique

  • AVC
  • Traumatisme crânien
  • maladies neurodégénératives

La RV peut proposer des exercices de motricité, de coordination, d’équilibre ou de cognition dans des environnements contrôlés. Leur intérêt et leur sécurité doivent être évalués pour la personne et l’objectif visé.

Rééducation orthopédique et fonctionnelle

  • épaule, genou, poignet
  • rééducation post-chirurgicale

Selon le système, les mouvements peuvent être guidés, mesurés et adaptés aux capacités de la personne.

Rééducation cognitive et comportementale

  • troubles attentionnels
  • anxiété, stress post-traumatique

La FDA cite notamment des usages de la RV dans le stress post-traumatique. Cet exemple ne valide pas tous les protocoles de RV en santé mentale.

Réadaptation à distance

La réadaptation virtuelle peut soutenir la téléréadaptation à domicile lorsque le dispositif, les modalités de suivi et les conditions de sécurité s’y prêtent.


Les bénéfices de la rééducation virtuelle pour les patients

Parmi les bénéfices possibles, selon le dispositif, la personne et l’indication :

  • Un soutien à l’adhésion au traitement grâce à des activités immersives et motivantes ;
  • Engagement actif du patient, acteur de sa rééducation ;
  • Continuité des soins, y compris en dehors du cabinet ou de l’hôpital ;
  • Une adaptation des exercices aux capacités et à l’évolution de la personne, lorsque le système le permet.

Ces bénéfices sont particulièrement pertinents dans un contexte de vieillissement de la population et de pénurie de professionnels.


Les bénéfices pour les professionnels de santé

Pour les équipes de réadaptation, les apports possibles dépendent des fonctions du dispositif et de son intégration au parcours de soins :

  • Des données recueillies automatiquement pour compléter l’évaluation clinique des progrès ;
  • Une aide à l’évaluation et à la rédaction des comptes rendus, sans gain de temps garanti ;
  • Personnalisation avancée des protocoles de soins ;
  • Un suivi à distance, sous réserve d’une organisation clinique adaptée, de la protection des données et de conditions de sécurité suffisantes.

Un outil utilisé à des fins thérapeutiques doit être choisi selon son usage prévu, ses limites et les besoins cliniques. Une expérience immersive de divertissement ne remplace pas cette évaluation.


Rééducation virtuelle et sécurité : ce que rappelle la FDA

La FDA décrit plusieurs risques associés aux dispositifs médicaux intégrant la RV ou la RA :

  • cybercinétose, pouvant notamment se manifester par des nausées, des vertiges ou de la fatigue ;
  • ergonomie et confort du matériel ;
  • sécurité des données et confidentialité ;
  • adaptation des contenus aux capacités du patient.

Ces points invitent à examiner l’usage prévu, les instructions, les risques et les données disponibles pour le dispositif envisagé.

Pour approfondir les bénéfices et les risques : les ressources de la FDA

La FDA propose des infographies destinées aux patients et aux professionnels pour les aider à examiner les bénéfices, les risques et les questions à se poser avant d’utiliser un dispositif médical de RV ou de RA.

Consulter les infographies de la FDA sur les dispositifs médicaux de RV et de RA.

Ces supports d’information complètent l’article ; ils ne constituent ni une autorisation d’un produit particulier ni une preuve de conformité de celui-ci.


Un cadre réglementaire propre à chaque dispositif

La FDA publie une liste de certains dispositifs médicaux intégrant la RV ou la RA autorisés à être commercialisés aux États-Unis.
Une telle autorisation concerne un dispositif et son usage prévu. Elle ne s’étend pas à toutes les solutions immersives ni à toutes leurs applications.

Le cadre applicable doit être vérifié pour le produit et le marché concernés ; une autorisation américaine ne suffit pas à établir une conformité dans un autre territoire.


Rééducation virtuelle et innovation clinique :

Dans cette dynamique, certaines plateformes vont plus loin en combinant:

  • Environnements immersifs conçus cliniquement
  • Des outils permettant aux thérapeutes de personnaliser et d'adapter les exercices
  • Tableaux de bord cliniques pour la prise de décision et le suivi
  • Des fonctions de téléréadaptation, avec des exigences de sécurité et de confidentialité à vérifier

Cette approche vise à articuler les possibilités techniques, les exigences applicables et les besoins de la pratique clinique. Elle ne démontre pas à elle seule l’efficacité ou la conformité d’une plateforme.


Conclusion

La rééducation virtuelle s’impose aujourd’hui comme une évolution majeure des pratiques de rééducation.
Elle peut soutenir l’engagement des patients et certaines activités des professionnels. Les bénéfices cliniques, les risques et les contraintes doivent être appréciés pour chaque dispositif et chaque usage.

À mesure que ces technologies se structurent et se réglementent, elles deviennent un levier stratégique pour répondre aux enjeux actuels et futurs de la rééducation.