Une cible manquée ou une consigne sans réponse peuvent avoir plusieurs explications. La personne n’a peut-être pas vu la cible, entendu le signal, compris la consigne ou trouvé une manière accessible de répondre. Interpréter le résultat avant de vérifier l’accès risque de confondre un obstacle de l’interface avec une difficulté dans la tâche visée.
L’accessibilité part des préférences de la personne et des exigences de l’activité. Agrandir les images ou augmenter le son aide parfois, mais aucune de ces solutions n’est universelle. La tâche, l’environnement et la communication doivent être examinés ensemble.
Demander comment la personne souhaite recevoir l’information
Commencer par un échange : qu’est-ce qui facilite la perception des informations et quels modes de communication la personne préfère-t-elle ? S’informer sur ses lunettes, aides auditives ou autres moyens habituels, sans supposer qu’ils éliminent tous les obstacles.
Les difficultés visuelles ne sont pas identiques. Lire un petit texte, distinguer un contraste, trouver un objet dans une scène chargée ou percevoir une information dans une partie du champ visuel sollicitent des capacités différentes. Les difficultés auditives varient aussi selon la personne et la situation. On ne peut pas déduire d’une étiquette sa compréhension de l’écrit, de la parole ou d’une langue des signes.
Une difficulté nouvelle, inexpliquée ou évolutive nécessite une évaluation appropriée. Un réglage d’affichage ne doit pas être présenté comme un diagnostic ou un traitement.
Rendre la tâche compréhensible avant de la complexifier
Proposer une vérification simple, sans pression temporelle : la personne perçoit-elle les informations, peut-elle expliquer ou montrer ce qui est attendu et utiliser la réponse prévue ? Il s’agit de vérifier le dispositif, pas de réaliser un test standardisé de la vision, de l’audition ou de la cognition.
La consigne « choisis le rouge » n’exige pas la même chose que le fait de nommer l’objet. Les recommandations du W3C prévoient que les consignes ne reposent pas uniquement sur des caractéristiques sensorielles et que la couleur ne soit pas le seul moyen de transmettre une information. Ce sont des principes de conception utiles, pas une preuve d’effet thérapeutique. [1, 2]
Adapter l’affichage à l’obstacle rencontré
Examiner la lisibilité, le contraste, les reflets, l’espacement et la surcharge visuelle. Une cible plus grande peut être plus facile à repérer ou à sélectionner. Toutefois, tout agrandir peut aussi placer des informations importantes hors de la zone visible. Revérifier l’ensemble de l’activité après modification, y compris les retours et la commande d’arrêt.
Les WCAG définissent des exigences de contraste pour les contenus web. Respecter un critère n’est qu’une composante de l’accessibilité et ne garantit pas qu’une personne puisse utiliser une activité de rééducation. [3] Un accès non visuel peut nécessiter une interface alternative compatible ou un autre support. Ne pas promettre une compatibilité avec un lecteur d’écran sans tester le logiciel et le parcours réels.
Adapter les informations sonores sans compter uniquement sur le volume
Réduire les bruits de fond évitables et organiser la communication avec la personne. Garder le visage du thérapeute visible lorsque cela l’aide, tout en reconnaissant que les indices visuels de la parole ne suffisent pas à chacun.
Pour les vidéos de consignes, le W3C distingue sous-titres, transcriptions et description des informations visuelles. Les sous-titres accessibles transmettent les paroles et les sons pertinents ; ils ne se limitent pas à traduire les dialogues. [4] Vérifier leur exactitude et leur synchronisation au lieu de se fier à une génération automatique non relue. Si une langue des signes ou un autre soutien est nécessaire, prévoir une aide adaptée plutôt que supposer que l’écrit est équivalent.
Dans une activité interactive, envisager un équivalent visuel d’un signal sonore important si le logiciel le permet. Si cette possibilité manque, adapter la tâche ou choisir un autre support.
Relier l’adaptation à ce qui est travaillé
Ajouter un indice visuel au son peut faciliter l’accès lorsque l’audition n’est pas l’objectif. En revanche, dans une tâche de discrimination auditive, cet ajout modifie l’information disponible et peut changer le sens du résultat. Le même raisonnement s’applique à la description d’une cible dans une tâche de recherche visuelle.
Distinguer entraînement et évaluation standardisée. Ne pas modifier les conditions d’un test validé puis appliquer ses normes initiales, sauf si ses consignes le permettent. Noter les adaptations et leurs conséquences au lieu de considérer les scores comme interchangeables.
Exemple : choisir un objet du quotidien
Cet exemple original de préparation s’adresse à un professionnel compétent et à une personne évaluée comme pouvant y participer. Il ne constitue pas un protocole validé de rééducation sensorielle.
| Élément de préparation | Proposition illustrative |
|---|---|
| Objectif | Communiquer un choix utile d’objet quotidien au moyen d’une activité accessible. |
| Contexte | Séance individuelle supervisée ; préférences de communication définies avec la personne. |
| Tâche | Identifier un objet et répondre selon une modalité accessible convenue. |
| Configuration | Adapter, lorsque cela est possible, disposition, contraste, taille des cibles, format des indices, temps et commandes. |
| Vérification de l’accès | Confirmer que les consignes, les choix, les retours et la manière d’arrêter sont perceptibles et utilisables. |
| Observations | Choix, demandes de répétition, indices, aide, erreurs liées à l’accès et confort. |
| Version simplifiée | Réduire les distracteurs ou les choix, simplifier les consignes ou utiliser des objets réels et le soutien de communication convenu. |
| Progression | Modifier une exigence pertinente en préservant l’accès aux informations essentielles. |
| Précautions | Interrompre en cas d’inconfort, de surcharge, de fatigue ou de demande d’arrêt ; ne pas imposer volume ou luminosité. |
| Traçabilité | Noter les changements, ce que la personne percevait et les conséquences sur l’interprétation. |
Il s’agit de possibilités de préparation, pas de fonctions garanties dans toutes les configurations Remotion.
Évaluer l’accès autant que la performance
Documenter ce que la personne pouvait percevoir et commander, pas seulement le score final. Comparer les séances avec leurs conditions d’affichage, de communication et d’aide. Une évolution après l’ajout de sous-titres ou la simplification d’une scène peut traduire un meilleur accès plutôt qu’une modification de la capacité examinée.
Demander à la personne si l’adaptation fonctionne et peut être utilisée dans le contexte qui compte pour elle. L’accessibilité se vérifie tout au long des consignes, de l’action, des retours et du bilan. Elle soutient la participation lorsque ces éléments fonctionnent ensemble.
Échangez avec l’équipe Remotion sur vos besoins d’accessibilité via la page de contact du site. Vérifiez le logiciel, le matériel et l’accompagnement nécessaires ; cet article ne certifie ni l’accessibilité ni l’efficacité clinique d’un produit.
Références
- W3C WAI. Understanding SC 1.3.3: Sensory Characteristics. https://www.w3.org/WAI/WCAG22/Understanding/sensory-characteristics.html
- W3C WAI. Understanding SC 1.4.1: Use of Color. https://www.w3.org/WAI/WCAG21/Understanding/use-of-color.html
- W3C WAI. Understanding SC 1.4.3: Contrast (Minimum). https://www.w3.org/WAI/WCAG22/Understanding/contrast-minimum.html
- W3C WAI. Making Audio and Video Media Accessible; Captions/Subtitles. https://www.w3.org/WAI/media/av/ et https://www.w3.org/WAI/media/av/captions/
